dimanche 20 novembre 2011

« La qualité n’est pas un discours mais bel et bien un comportement »


La Tunisie est l’un des pays rares qui ont parié sur les ressources humaines. Elle investit plus de 21% du Budget de l’Etat dans le secteur de l’Education. Cependant la formation n’échappe pas à la massification. La quantité se développe au détriment de la qualité. De fait, réussir la quantité et rattraper la qualité est un défi majeur pour l’Université tunisienne. La qualité est le principal objectif et l’ingénierie et les nouvelles technologies sont l’univers.



Pour le moment, il est clair que dans nos cursus scolaires et universitaires, il est de plus en plus rare que l’épanouissement personnel, le plaisir d’apprendre et le développement

de l’esprit critique soient un objectif. Dans nos formations, les études sont trop théoriques, superficielles et assez lointaines de la réalité. Les langues et la culture générale sont des handicaps qui pèsent lourds pour un étudiant qui se doit d’affronter le recrutement. Les entreprises se plaignent de difficultés de la communication, de l’insuffisance de la formation économique et de gestion et d’une formation pas assez opérationnelle sur le terrain. La plupart des jeunes diplômés se plaignent du fait que le travail n’a rien à voir avec leur formation, ils sont obligés d‘apprendre un métier qui n’est de l’ordre de leur spécialité ou de leur compétences. Ainsi un ingénieur tunisien, lors de sa formation, que ce soit au niveau de ses études, au niveau des stages et au niveau de sa vie professionnelle, se trouve incapable de s’acquérir des moyens et des techniques du génie logiciel, qui est avant tout une ingénierie ayant pour objectif principal la qualité et la performance des logiciels. Cela empêche le professionnalisme, réduit la qualité du service et empêche la créativité.



Faire en sorte que la formation réponde aux besoins du marché de l’emploi est une option, que certains contestent. L’instrumentalisation de l’école au service du monde du travail dérange. Pour certains, c’est un réel danger. Pour d’autres, c’est une option complètement revendiquée. Aujourd’hui, une formation réussie répond incontestablement aux exigences de la modernité. Entre faire de l’université un pourvoyeur de diplômés «clés en main» pour l’univers du travail et se cantonner à une formation passéiste et décalée, il y a un équilibre à trouver. L’objectif de l’Université ne doit il pas se composer de savoirs, de savoir-faire et savoirs être ? Ne doit il pas justement répondre aux attentes de la société et des entreprises pour des expertises et des produits de la recherche qui pourraient être exportés et valorisés ? Serait-ce aussi à l’entreprise d’y mettre du sien, pour mettre les jeunes diplômés à ses propres standards ? Le débat reste ouvert.



La qualité n’est pas un discours mais bel et bien un comportement. Nos stratégies pédagogiques doivent se concentrer sur le métier, l’innovation et la qualité. Il indispensable de s’approvisionner en les meilleurs atouts et compétences pour affronter la mondialisation et prendre part de la révolution internationale de l’industrie des services. Nous, les tunisiens récemment sorti d’une révolution nationale, nous sommes rempli d’ambitions pour faire de cette petite Tunisie un pays phare en termes de nouvelles technologies. Nous voulons plus être des consommateurs de technologies, nous voulons générer de la valeur.

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